Le voyage est un art de vivre
Élisabeth Lefebvre l'écrivait ici même en février 2001 : "... nous entendons répondre au désir d'évasion de nos lecteurs par un magazine qui exprime un véritable art de vivre". L'art de Voyager était né. Cette formule enrichie, à laquelle les aléas de la conjoncture n'ont pas toujours donné les moyens d'aller au bout de ses ambitions, aborde aujourd'hui une nouvelle étape. Des partenaires déterminés, une équipe renforcée et une ligne éditoriale réaffirmée en constituent le socle.
Au service de lecteurs toujours plus exigeants, plus cultivés et plus curieux, nous allons poursuivre l'oeuvre accomplie. Il s'agit pour nous de ne céder ni à la sinistrose, ni aux tentations d'une mode éphémère qui nous éloignerait de notre vraie fonction. Certes, la France et l'Europe proche verront certainement la part qui leur est consacrée s'accroître. Comment s'en plaindre et comment regretter d'être "contraints" d'aller à la découverte de nos racines, en sacrifiant cette petite part d'exotisme qui ressemble tant aux vraies vacances ? Notre imaginaire, modelé par Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre ou Kipling, trouvera bien d'autres motifs de satisfaction. Notre dévotion aux charmes un peu démodés (et peut-être même dangereux) du dieu Soleil aussi. D'autant plus qu'il faut cesser de faire payer au transport aérien et à l'ensemble des pays du monde le prix de catastrophes localisées, qui tuent moins qu'un week-end de grands départs.
Et puis, soyons clairs aussi sur un point : si la dimension d'art de vivre donnée à ce magazine lui a permis d'échapper partiellement aux conséquences du 11 septembre, de la guerre d'Irak et du SRAS, elle ne le dispense pas de remplir sa mission. Le voyage se rêve, le voyage se prépare, le voyage se raconte, mais le voyage doit aussi se réaliser. Et si l'art de vivre le voyage permet d¹en agrémenter toutes les étapes, il ne nous fera jamais oublier que le voyageur moderne a d'abord un objectif : passer à l'acte. Voyager. Et le plus souvent possible. Bons voyages donc.